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Après l’annonce d’un nouveau gouvernement au Soudan : Nouvelles manifestations contre la vie chère

Après l’annonce d’un nouveau gouvernement au Soudan : Nouvelles manifestations contre la vie chère
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Le nouveau gouvernement est confronté à une dette estimée à 60 milliards de dollars (49,3 milliards d’euros), une inflation de 269% en décembre 2020 et l’ingérence des militaires dans les différents secteurs d’activité.

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De nouvelles manifestations pour dénoncer l’augmentation du coût de la vie ont éclaté hier dans plusieurs villes du Soudan, rapporte l’AFP citant l’agence soudanaise Suna.

Dans la ville côtière de Port-Soudan (est), des étudiants ont attaqué des bâtiments officiels, entraînant la fermeture de plusieurs écoles et magasins, a indiqué Suna. Selon l’agence, la hausse du prix des ingrédients nécessaires à la fabrication du pain est à l’origine de la mobilisation.

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Ces dernières semaines, les manifestations contre la cherté de la vie se sont multipliées, dans ce pays de l’est de l’Afrique, notamment dans la capitale, Khartoum, et dans l’Etat de Gedaref (est).

Ces manifestations interviennent après la formation lundi d’un nouveau gouvernement comprenant sept ministres issus de groupes rebelles actifs sous l’ancien régime, comme prévu par l’accord de paix signé en octobre. «Cette formation vise à éviter l’effondrement du pays (…) Nous savons qu’il y aura des défis, mais nous sommes certains que nous pourrons avancer», a déclaré ce même jour le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, lors d’une conférence de presse, observant que le nouveau gouvernement compte se concentrer sur la remise en état de l’économie.

Chef du gouvernement de transition mis en place après la chute de Omar El Béchir, destitué par l’armée en avril 2019 sous la pression d’un soulèvement populaire, A. Hamdok a dissous son gouvernement dimanche soir pour en former un nouveau.

Le gouvernement de transition et le Front révolutionnaire soudanais (FRS), coalition de cinq groupes rebelles et quatre mouvements politiques, ont signé un accord de paix en octobre. Le Premier ministre tente encore de convaincre les deux derniers groupes rebelles à discuter de paix.

Trois représentants des anciens groupes armés rebelles ont été nommés la semaine dernière au Conseil de souveraineté, chargé de piloter la transition politique dans le pays. Le nouveau gouvernement comprend sept ministres, notamment Gibril Ibrahim, ancien chef rebelle du Mouvement pour la justice et l’égalité, qui devient ministre des Finances.

Écueils

Le nouveau gouvernement prend ses fonctions dans un contexte de crise économique aiguë : une dette estimée à 60 milliards de dollars (49,3 milliards d’euros), une inflation de 269% en décembre 2020 et l’ingérence des militaires dans les différents secteurs d’activité et les conséquences qui en découlent.

En décembre dernier, le chef de l’Exécutif a fustigé l’armée et les services de sécurité, jugeant «inacceptable» leur rôle écrasant depuis des années dans l’économie du pays. «Chaque armée dans le monde investit dans les entreprises de défense, mais il est inacceptable que l’armée et/ou les services de sécurité le fassent dans les (autres) secteurs productifs et entrent ainsi en compétition avec le secteur privé», a déclaré A. Hamdok lors d’une conférence de presse.

Il a relevé la nécessité de «transférer tout l’actionnariat de ces compagnies au ministère des Finances ou toute autre entité rendant des comptes au pouvoir civil». Selon la presse locale, l’armée et les services de sécurité contrôlent 250 sociétés dans des domaines vitaux, tels que l’or, la gomme arabique, l’exportation de viande, la farine ou le sésame.

Ces entreprises sont exemptes d’impôts sur les bénéfices et opèrent dans une totale opacité, selon la presse, alors que le pays est plongé dans un marasme économique. L’été dernier, A. Hamdok a observé que «seulement 18% des ressources de l’Etat sont aux mains du gouvernement». Il s’est alors donné comme «priorité» la restitution au gouvernement des entreprises appartenant aux secteurs militaire et sécuritaire.

En parallèle à la désastreuse  situation économique, le pays est confronté à des violences ethniques dans la région du Darfour. Des heurts sanglants entre tribus arabes et non arabes ont éclaté en janvier dans les Etats du Darfour-Sud et du Darfour-Ouest, faisant environ 250 morts. Entre-temps, les relations avec l’Ethiopie ont connu des tensions autour de la région frontalière d’Al Fashaga, où des cultivateurs éthiopiens se sont installés sur des terres revendiquées par Khartoum.  


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2021-02-10 09:25:35

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Written by Ahmed Sobhy

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