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Baisse du taux des réserves obligatoires : La marge de manœuvre sur les liquidités de la Banque centrale se rétrécit

Baisse du taux des réserves obligatoires : La marge de manœuvre sur les liquidités de la Banque centrale se rétrécit
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Cette mesure susceptible d’améliorer un tant soit peu la situation monétaire constitue, toutefois, l’une des dernières cartouches de la Banque centrale afin de remédier au problème de la liquidité.

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Dans l’attente d’une reprise économique cette année, ce qui peut redynamiser la machine économique et permettre aux banques de récupérer une partie de l’argent thésaurisé, la Banque centrale a dû revoir encore à la baisse le taux des reserves obligatoires (TRO) afin d’assurer une assiette financière plus confortable aux caisses des banques.

La Banque d’Algérie, qui a annoncé, dans son communiqué publié avant-hier, une amélioration de la liquidité bancaire sans donner de chiffre, a montré beaucoup d’optimisme vis-à-vis de la situation financière du pays, notamment après la reprise à la hausse des prix des hydrocarbures.

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Cette mesure susceptible d’améliorer un tant soit peu la situation monétaire constitue, toutefois, l’une des dernières cartouches de la Banque centrale afin de remédier au problème de la liquidité.

En effet, avec la faible capitalisation des banques algériennes, qui ont d’ailleurs été sommées dernièrement d’augmenter leur capital à 20 milliards de dinars, ajoutant à cela le problème lié au montant net des provisions et pertes de valeurs sur les créances irrécouvrables, qui était de 164 milliards de dinars pour les six banques publiques, la pression sur le système financier devient très importante.

Ainsi, certains spécialistes du secteur bancaire estiment que «si l’argent libéré par la baisse du TRO sert à augmenter la masse de crédits et que la banque ne remplit pas les règles prudentielles avec de faibles fonds propres, cela fragilisera sûrement leur situation». Par contre, si «l’argent libéré par la baisse du TRO ne sert pas à accorder de nouveaux crédits, les ratios prudentiels ne sont pas censés bouger».

C’est l’avis du financer Omar Berkouk, qui considère que la Banque d’Algérie a «sapé» les ratios prudentiels, au point de fragiliser le système bancaire et augmenter sa vulnérabilité. «Si nos banques sont connectées au système financier international, beaucoup de banques étrangères ne vont pas travailler avec elles à cause du risque d’un dérapage financier qu’elles encourent», a-t-il ajouté. Mais puisque c’est l’Etat qui est le propriétaire des grandes banques de la place, il «se portera garant grâce au Trésor public», a-t-il souligné.      

Tout de même, notre interlocuteur a estimé qu’il est contradictoire d’abaisser le taux des réserves obligatoires à 2%, en demandant en même temps aux banques d’augmenter leur capital.   

Or, cette dernière condition semble loin d’être réalisable dans la conjoncture actuelle. Selon lui, plusieurs banques seront dans l’incapacité d’atteindre les 20 milliards exigés dans leur capital, en raison notamment «du manque de bénéfice réalisé sur le marché». Plus exactement, «elles n’ont pas assez de réserves pour les consacrées à la hausse du capital». De ce fait, le même financier a souligné que cette situation «traduit la gravité dans laquelle se trouve le système financier algérien».

M Berkouk, a appelé à entamer des réformes structurelles, telles que la «privatisation des banques et entreprises nationales», afin de «changer le mode de gestion», qui ne répond pas aux besoins de la difficulté actuelle.    

Mais, ce n’est pas l’avis de l’ancien cadre dirigeant de la Banque centrale, Rachid Sekkak, qui, lui, ne voit pas de risque dans la situation actuelle, estimant que la Banque d’Algérie «maîtrise bien ce qu’elle fait».

En Europe, le taux des réserves obligatoires n’est que de 1%, a-t-il rappelé. Mais  le risque est surtout sur «le montant des provisions, qui représente le coût de risque des crédits qui sont très importants». Et dans cette situation, «les banques risquent de ne pas être rentables et pourraient être appelées à puiser dans leurs fonds propres», a-t-il souligné.  A noter que la Banque centrale a également opté pour la baisse du taux de refinancement, qui est de 3%, afin de permettre aux banques commerciales d’avoir plus de bénéfices et ainsi plus de liquidités nécessaires à la dynamique du marché financier. 


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2021-02-10 09:40:06

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Written by Ahmed Sobhy

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