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Bancariser l’argent de l’informel : L’Etat doit-il opter pour des actions coercitives ?

Bancariser l’argent de l’informel : L’Etat doit-il opter pour des actions coercitives ?
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La volonté de l’Etat de bancariser l’argent circulant en dehors des banques a débuté avec le recul des prix des hydrocarbures et l’apparence des déficits budgétaires suite à la baisse des recettes, ce qui a impacté la liquidité bancaire dès le début de l’année 2015.

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Atteindre une inclusion financière, qui mettra fin aux grosses sommes d’argent qui circulent dans l’informel, est un objectif qui est encore loin d’être atteint en Algérie. Jusqu’à présent, les différentes tentatives menées par les autorités n’ont pas eu les effets escomptés.

Pis encore, la Banque d’Algérie vient d’annoncer que durant l’année 2020, l’argent circulant en dehors des circuits bancaires a atteint un autre pic en dépassant les 6140 mds de dinars, un montant que certains spécialistes estiment plus important encore.

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En effet, la volonté de l’Etat de bancariser l’argent circulant en dehors des banques a débuté avec le recul des prix des hydrocarbures et l’apparence des déficits budgétaires suite à la baisse des recettes, ce qui a impacté la liquidité bancaire dès le début de l’année 2015, notamment avec la baisse des dépôts de Sonatrach et ses filiales dans les banques.

A partir du second semestre de 2015, les autorités financières ont entamé une opération de séduction envers les acteurs de la sphère réelle qui possèdent des fonds et qui, «au lieu de les thésauriser», les invitant à les déposer dans les banques. «Il faut que les guichetiers acceptent les liquidités et s’ils doutent de l’origine des fonds, ils peuvent faire des déclarations de soupçons», avait déclaré l’ex-ministre des Finances, Baba Ammi Hadji, à l’époque.

Malgré les garanties de la part de l’Etat et les différentes facilitations accordées pour les opérateurs ainsi que les mesures «d’accueil et de mise en conformité» installées chez les banques, l’impact était insignifiant, et le ministère des Finances a dû réfléchir à d’autres solutions.

C’est ainsi, qu’au premier trimestre de l’année 2016, le lancement de l’Emprunt national de croissance économique (ENCE), destiné en premier lieu au financement de l’investissement et des projets structurants, a été mis en place. Après la fin de l’opération, le gouvernement a déclaré avoir réussi à récolter 461 milliards de dinars, dépassant ainsi ses prévisions de 400 milliards.

Toutefois, il paraît que cette somme a été utilisée pour le financement du déficit budgétaire, qui était de 317 milliards de dinars, ce qui a jeté un grand discrédit sur toute l’opération et ses promoteurs.

En 2020, les autorités ont misé sur la finance islamique, et plusieurs banques ont ouvert des guichets pour collecter l’argent d’une certaine frange de la société qui s’inspire des principes religieux. Mais pour ce produit, les spécialistes estiment qu’il ne peut drainer que 15% de tout ce qui existe dans l’informel.

«L’argent de l’informel n’a pas peur de dieu mais de l’impôt»

Pour le financier Omar Berkouk, «l’argent de l’informel n’a pas peur de Dieu mais de l’impôt, taxes et charges sociales». M Berkouk se demande pourquoi, à l’époque, les gens faisaient la queue devant la banque Khalifa pour déposer leur argent, avec des taux d’épargne plus importants sans chercher aucune considération religieuse.

Selon lui, les affaires dans l’informel «sont plus rentables que d’épargner des grosses sommes dans les banques avec des taux d’intérêt qui ne dépassent pas les 5%».

De ce fait, il a estimé que l’opération de l’emprunt obligataire, qui a drainé 10% de l’argent de l’informel, ainsi que la finance islamique «ne pourront pas collecter une grande partie de ce qui circule hors banques. Surtout que l’informel est toujours plus rentable que l’offre de l’épargne bancaire».

En guise de solution, Omar Berkouk a indiqué qu’il «ne reste devant l’Etat que des solutions radicales». Mais là aussi, il constate «un manque de volonté politique» de la part des autorités qui, selon le même financier, «doivent opter pour le changement de billet de banque comme une réforme radicale et donner un délai précis pour les concernés afin de déposer leur argent dans les guichets bancaires».

En contrepartie, notre interlocuteur propose qu’il y est une «amnistie fiscale envers ces personnes, qui déposent leur argent».

Il a considéré en outre que l’Etat a «trop fermé les yeux sur l’informel, qui a pris de l’ampleur et représente maintenant jusqu’à 40% de notre économie, constituant un réel danger pour l’avenir économique».

Maintenant qu’il s’est avéré que les solutions adoptées dans le passé n’ont pas eu les effets escomptés, il devient impératif pour les autorités de revoir leur politique de traitement de ce phénomène infernal de l’informel si elles veulent réussir à instaurer une économie qui réponde aux normes universelles et dans laquelle chaque acteur économique fera face à ses droits et devoirs selon ce que stipule la loi. «Les actions coercitives deviennent impératives», a-t-il souligné.


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2021-03-03 10:05:18

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Written by Ahmed Sobhy

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