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Farid Kherbouche. Directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historique (CNRPAH) : «La carte consolide la profondeur historique de l’Algérie»

Farid Kherbouche. Directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historique (CNRPAH)
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– A voir le nombre actuels de points qu’elle contient, plus de 15 500, la réalisation de la nouvelle carte a été assez rapide, presque 6 mois. Cela ne nous ressemble pas, c’est assez surprenant. Qu’est-ce à dire ?

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Le projet a bénéficié de conditions très favorables. Il a démarré en effet en mai 2020. En premier lieu, il y a eu une volonté politique forte, celle de la ministre de la Culture qui tenait à avoir un Atlas archéologique actualisé. Elle s’y est impliquée personnellement.

Elle a suivi scrupuleusement le déroulement du projet en s’informant continuellement sur l’avancée des travaux. Ensuite, un engagement total et réel des structures scientifiques du ministère, le Centre national des recherches archéologiques (CNRA), le CNRPAH que je dirige, les 5 parcs nationaux culturels, l’Office de gestion des biens culturels, les structures décentralisées dans les wilayas qui ont rapidement transmis les informations locales qu’elles détiennent et les universitaires qui ont aimablement contribué à rassembler toutes les données préhistoriques, archéologies et historiques connues mais disparates. Il faut encore noter la collaboration précieuse de l’Agence spatiale algérienne (ASAL).

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Et ce n’est pas fini, car la carte est dynamique. Elle sera complétée au fur à mesure que les données continuent de parvenir.

En fait, nous avons ajouté 7582 points situés essentiellement dans le Sud au 7000 répertoriés par Stéphane Gsell en 1911 dans le nord du pays. Sur la carte, les points  rouges indiquent l’emplacement  des objets ou des sites historiques (jusqu’à – 3000 ans) et les bleus, ceux des sites préhistoriques (jusqu’à – 2 millions d’années maintenant avec la récente découverte de Aïn Boucherit).

– Quels enseignements peut-on déjà tirer de cette nouvelle carte ?

Ce qui est certain et qui saute aux yeux, c’est l’immense et infinie richesse du patrimoine culturel du pays. Et à ce niveau, on ne peut pas comparer avec d’autres territoires, chacun est fouillé différemment et inégalement.

La grande richesse jaillit avec la densité des points qui indiquent la présence de l’homme sur tout le territoire à toutes les époques et de façon continue depuis l’aube des civilisations, puisque Aïn Boucherit est reconnu comme le second plus ancien foyer de l’humanité.

On le voit avec le matériel archéologique trouvé jusqu’à présent, et comme le fait apparaître la carte, il y a de vastes territoires encore vierges et qui promettent de fabuleuses découvertes.

Le Sud tout autant que le Nord, car chacun sait que ce qui est appelé désert de nos jours, était autrefois, autour de 10 000 ans, de vastes étendues humides et verdoyantes peuplées par des hommes. L’autre point fort, c’est donc la profondeur historique de l’Algérie avec cette présence de l’homme qui a participé dès le début à l’histoire de l’humanité.

Si on compare cette durée à une journée de 24 heures, l’Algérie occuperait la plage des 24 heures alors qu’un pays comme les USA seulement les dernières minutes de la journée. C’est indéniablement un nouvel outil pour les scientifiques. La carte étant interactive, ils pourront l’exploiter et contribuer à son enrichissement. Mais pas seulement. Elle est utilisable pour de nombreux secteurs et activités. Citons le tourisme, l’aménagement du territoire et la sécurité.

Elle va se découper en cartes régionales pour les collectivités locales qui prendront ainsi connaissance de leur patrimoine local. Ce ne sera pas la même carte qui sera rendue publique, il y aura bien entendu pour l’usage commun, extraction des lieux et sites les plus précieux et vulnérables. La carte a pour objet avant toute chose la gestion des sites pour leur conservation.

Bio-express

Farid Kherbouche est titulaire d’un doctorat en physico-chimie des solides (université Paris XI) et d’un doctorat en archéologie préhistorique (université Toulouse II). Sa formation double, en sciences exactes et en sciences sociales, lui a permis d’adopter une démarche pluridisciplinaire dans ses travaux de recherches, notamment ceux menés dans le cadre des fouilles archéologiques du le site de Gueldaman.


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2021-01-28 09:22:49

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Written by Ahmed Sobhy

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