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Galerie d’art Ezzouar’ Arts. Rétrospective de Mounira Lallali : A la découverte du cuivre repoussé

Galerie d’art Ezzouar’ Arts. Rétrospective de Mounira Lallali : A la découverte du cuivre repoussé
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Le cuivre repoussé dans toute sa splendeur se donne à apprécier à sa juste valeur à la galerie d’art Ezzouar du centre commercial de Bab Ezzouar à Alger, et ce, jusqu’au 11 février.

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Après une absence de plus de vingt ans sur la scène artistique algérienne, l’artiste peintre Mounira Lallali est de passage à Alger pour présenter une rétrospective de son travail, datant des années 80’.

En effet, à travers cette exposition intitulée «Le métal repoussé en toute beauté», elle présente au potentiel public une série de 23 œuvres au caractère unique et exceptionnel à la fois, réalisées à la délicate technique du cuivre repoussé.

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Il faut dire que cette dame de 69 ans, qui a quitté la capitale pour la wilaya de Biskra depuis quelques années déjà, est aujourd’hui une spécialiste de cette technique aux motifs le plus souvent colorés mais raffinés.

Sa passion pour le cuivre repoussé, lui a permis, au fil de ces trente dernières années de se perfectionner dans ce domaine et de décrypter tous ses codes.

Sans prétention aucune, elle détient tous les secrets de cet art. C’est parce que l’art du cuivre repoussé est en voie de disparition en Algérie et dans le monde, que l’artiste Mounira Lallali s’est faite quête, de préserver le patrimoine culturel ancestral.

Les œuvres judicieusement accrochées aux cimaises permettent de recenser des objets artistiques et usuels, et ce, à partir d’un matériau précieux qui est la ressource naturelle du cuivre en or et en argent. On retrouve entre autres des bijoux berbères, composés de gros bracelets, incrustés de pierre de corail ou encore de broche. La précision et la dextérité vont de pair chez l’artiste.

A travers ses œuvres regorgeant de beauté, l’artiste vient conter une histoire, celle de l’art arabe, ancestral et islamique, et ce, dans toutes ses composantes. Cette dernière nous explique sur un ton passionné que la technique du cuivre repoussée n’est pas enseignée dans n’importe quelle école artistique.

«Je sais qu’en Russie, il y a une école qui enseigne cette technique du cuivre repoussé. J’ai rencontré des artistes russes qui m’ont confirmé que cette technique existait dans leur pays. Sinon dans le monde entier, cette technique n’existe pas dans les autres pays.»

A la question de savoir en quoi consiste sa recherche de la technique personnalisée du cuivre repoussée – datant d’une trentaine d’années – notre interlocutrice nous éclaire.

Elle explique toutefois que la différence entre la peinture et le métal, c’est que le travail repose sur le bas relief. «On appelle cela un bas relief, c’est-à- dire que ce n’est pas un bas relief complet. On dit que c’est une sculpture. Et quand c’est un demi, c’est un bas relief. La différence, c’est que tout le travail en métal repoussé est toujours en relief, plus le travail artistique, les couleurs et la touche personnelle. Il  y a tout un mélange de couleurs. Avec le temps, j’ai  pu faire certains travaux pointus.»

Pour notre artiste autodidacte, chaque objet part d’une idée, prenant d’abord la forme d’un dessin. Ce dernier est, par la suite, tracé sur une feuille de cuivre et enfin repoussé à l’aide d’un fin outillage spécial. Il faut dire qu’elle recouvre le métal avec la feuille d’or, selon la thématique choisie.

«Il y a, précise-t-elle, un outillage spécifique pour le métal qui n’existe pas en Algérie. Peut-être qu’il y a quelques librairies en Algérie qui ramènent ce matériel. J’ai vu des tôliers qui travaillent le métal. J’ai, d’ailleurs, pris quelques idées pour pouvoir m’aider. Il faut dire que la peinture est beaucoup plus facile que le cuivre repoussé. Ce dernier est fait manuellement avec  des outils adéquats. Cela demande, en outre, un peu de force et d’énergie.»

Mounira Lallali avoue qu’elle a du mal à se séparer de ses œuvres. Il y a beaucoup d’œuvres qu’elle ne peut pas vendre aussi, car elles font partie de sa propre collection. «Je garde certaines collections pour des expositions que je réalise un peu partout dans le monde pour donner un aperçu sur toute ma rétrospective. Je dois avouer que ce n’est pas facile de se séparer d’une œuvre donnée. Je veux que mon travail soit vu aussi bien en Algérie qu’à l’international. A travers mes travaux, je veux que des ponts de coopération culturelle puissent être construits entre les pays du monde.» Notre interlocutrice ne cache pas sa peine de ne pas être sollicitée par les institutions étatiques et privées, pour d’éventuelles participations à des expositions de peinture, alors qu’elle est sollicitée à l’étranger…

Pour rappel, Mounira Lallali est née en 1952 en Tunisie. Cette Algérienne a emprunté le chemin de l’Ecole des beaux-arts d’Alger en 1971. Elle y découvre toute la richesse du patrimoine islamique algérien. Après avoir décroché son diplôme, elle décide d’aller aiguiser son art en France. Elle intègre l’Ecole nationale des beaux-arts de Metz puis celle d’Avignon où elle décroche un diplôme d’art en 1976.

Sa première exposition a eu lieu à Alger en 1984 où elle a obtenu le prix national des arts plastiques. Par la suite, elle a eu le privilège d’exposer dans de nombreuses autres capitales telles que Paris, Londres, Bruxelles et Amsterdam. Parmi ses dernières expositions figurait sa participation au premier symposium international sur l’islam en 2006 et à l’exposition internationale des artistes musulmans, qui s’est tenue à la Nouvelle-Orléans en 2007.


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2021-02-07 09:15:41

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Written by Ahmed Sobhy

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