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La Banque d’Algérie réduit le taux de réserve obligatoire de 3 à 2% : Quel impact sur la relance économique ?

La Banque d’Algérie réduit le taux de réserve obligatoire de 3 à 2% : Quel impact sur la relance économique ?
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Compte tenu de la situation induite par la récession en Algérie et la pandémie de Covid-19, les autorités monétaires ont décidé de desserrer un peu l’étau afin de dégager plus de liquidités bancaires.

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Le Comité des opérations de politique monétaire (COPM) de la Banque d’Algérie a décidé de réduire le taux de réserve obligatoire de 3 à 2%, et ce, à compter du 15 février 2021.

Cette décision, prise lors d’une réunion ordinaire présidée jeudi dernier par le gouverneur, est de nature, note le communiqué de cette institution parvenu à notre rédaction, à «permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidités à même de renforcer davantage les capacités de financement des banques (…)».

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Compte tenu de la situation induite par la récession en Algérie et la pandémie de Covid-19, les autorités monétaires ont ainsi décidé de desserrer un peu l’étau afin de dégager plus de liquidités bancaires. Selon le communiqué, «cette réunion a été consacrée à la revue des principales évolutions de la situation économique, monétaire et financière nationale et internationale ainsi que de ses perspectives à court et moyen termes, notamment ayant trait à l’évolution de l’inflation, des ressources des banques (liquidités bancaires), du crédit et de la croissance économique».

La Banque d’Algérie considère que «le niveau modéré de l’inflation moyenne enregistré en 2020, bien qu’il soit en légère hausse par rapport à celui de 2019, reste en ligne avec les objectifs de la politique monétaire, il a atteint 2,4% à fin décembre 2020 contre 1,9% en 2019».Tandis que la croissance des crédits est estimée, selon elle, à 3% pour la fin 2020, en contexte de fort choc interne induit par les effets de la pandémie de Covid-19.

Par contre, s’il est fait état présentement de certaines inquiétudes par rapport à la résurgence du manque de liquidités au niveau des banques, la BA semble ne pas en partager le constat. En effet, la banque centrale considère que «l’évolution des ressources des banques s’est nettement améliorée comparativement avec son évolution au premier semestre 2020. Cette évolution positive observée depuis septembre 2020 a été induite par la mise en œuvre des orientations des politiques monétaires menées tout au long de l’année 2020».

Le dernier bilan de la situation mensuelle de la Banque centrale, datant de novembre 2020, fait état d’un niveau de liquidités de 612 milliards de dinars, contre 476 milliards de dinars en septembre de la même année. Il faut dire que les autorités monétaires misent beaucoup sur le plan de relance économique pour doper la croissance. Du coup, elles jugent que «le plan de relance économique national nécessitera un accompagnement certain du secteur bancaire en termes de financement».

Critiques

Question : mais quid des plans de relance dont il s’agit ? On sait que certains experts ont déjà mis le doigt sur la plaie à ce sujet. Des critiques ont été émises au plus fort de la pandémie. L’économiste Abdelrahim Bessaha, spécialiste de la macro-économie, a déjà attiré l’attention sur la faiblesse du plan de relance économique prévu dans la loi de finances complémentaire 2020.

Ainsi, s’il qualifie de «favorable» la dernière décision de la Banque d’Algérie, il s’interroge néanmoins sur l’efficacité réelle d’une telle mesure dès lors que, selon lui, le problème de la demande se pose du fait justement de la faiblesse du plan de relance. «Le plan de relance de la LFC-2020 n’est que de 70 milliards de dinars, soit 0,6% du PIB, a-t-il fait observer. Aussi, le multiplicateur de crédit est trop faible, il n’est que de 6 : avec un montant de 700 milliards de dinars, on obtient 420 milliards de plus. Donc, le choc économique ne se règle pas par la politique monétaire et de change ; il faut une nouvelle politique budgétaire. Car la difficulté est aussi liée à l’absence de recettes additionnelles et de rationalisation des dépenses.» Sans oublier la question des risques inflationnistes et des tensions de l’offre.

Enfin, tout le monde a les yeux rivés sur les prix du pétrole, seuls à même de provoquer le redressement tant souhaité. Et pour l’instant, le marché est toujours aussi incertain qu’il l’a été depuis quelques mois. 


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2021-02-09 09:43:25

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Written by Ahmed Sobhy

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