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Les manifestants anti-coup d’Etat bravent la mort

Les manifestants anti-coup d’Etat bravent la mort
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Répression de l’armée en Birmanie

Officiellement dissoute en 2011, la junte militaire continue à dominer l’échiquier politique du pays.

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Au moins 17 manifestants pro-démocratie ont été tués et plusieurs blessés, hier en Birmanie, par les forces de sécurité qui continuent à tirer à balles réelles, rapporte l’AFP. A Rangoun, la capitale économique, au moins six manifestants ont été tués, d’après un secouriste et un journaliste local.

Dans quatre villes du Centre, au moins 11 protestataires ont péri, dont deux à Mandalay et sept à une centaine de kilomètres de là, à Monywa, selon des sources médicales. La journée de dimanche a été marqué par la mort d’au moins 18 personnes dans les rangs des manifestants, selon les Nations unies.

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Le recours de plus en plus fréquent à la force létale n’empêche pas les protestataires de continuer à descendre dans les rues pour demander le départ des généraux putschistes et la libération des centaines de détenus emprisonnés ces dernières semaines.

La situation reste tendue à Rangoun, la capitale économique, notamment dans certains quartiers nord. Coupures d’internet, renforcement de l’arsenal législatif, vagues d’interpellation, recours aux armes létales : la junte n’a cessé d’intensifier sa riposte depuis son coup d’Etat. Entre-temps, la répression se poursuit sur le terrain judiciaire. L’ex-président de la République, Win Myint, déjà inculpé pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, est désormais accusé d’avoir enfreint la Constitution.

La cheffe du gouvernement, Aung San Suu Kyi, toujours détenue au secret, est visée par quatre chefs d’inculpation, dont «incitation aux troubles publics». Six journalistes birmans ont été inculpés. Ils sont poursuivis pour avoir «causé la peur parmi la population, répandu de fausses informations (…) ou incité des employés du gouvernement à la désobéissance», d’après leur avocate. Ils encourent jusqu’à trois ans de prison. Les six hommes sont détenus dans la prison d’Insein, de Rangoun, où de nombreux prisonniers politiques ont effectué de lourdes peines.

L’armée fait toujours la sourde oreille aux condamnations internationales. L’ambassadeur birman aux Nations unies, Kyaw Moe Tun, a rompu avec les généraux putschistes la semaine dernière en appelant à «mettre fin au coup d’Etat». Depuis, la junte lui a désigné un successeur aux Nations unies, tandis que Kyaw Moe Tun assure toujours représenter le pays. Le Royaume-Uni a demandé une nouvelle réunion du Conseil de sécurité demain. Début février, ses 15 membres ont publié une déclaration commune qui exprimait leur préoccupation, sans toutefois condamner le coup d’Etat. Pékin et Moscou s’opposent à une telle option.

Droit de la force contre force du droit

Le 1er février, l’armée birmane fomente un coup d’Etat. La cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, et le président de la République, Win Myint, sont arrêtés et le gouvernement démis. L’armée juge le pronunciamiento nécessaire pour préserver la «stabilité» de l’Etat et promet de nouvelles élections «libres et équitables», une fois l’état d’urgence d’un an levé. Elle a accusé la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, d’irrégularités électorales «énormes», après sa victoire en novembre. Les militaires dénoncent, depuis plusieurs semaines, des millions de cas de fraudes et font planer le spectre d’un coup d’Etat.

Le 27 janvier, le commandant en chef de l’armée birmane, Min Aung Hlaing, a averti que «la Constitution sera abolie, si elle n’est pas suivie». Les militaires se sentent menacés par la défaite de novembre du Parti de la solidarité et du développement de l’union (PSDU), formation qui sert les intérêts de l’armée. La LND y a obtenu 396 des 476 sièges du Parlement, soit 82% des députés, tandis que le PSDU a dû se contenter de 33 élus en plus des 25% de sièges attribués à l’armée par la Constitution birmane de 2008. Avec sa grande majorité, Mme Suu Kyi compte modifier la Loi fondamentale.

Un projet de modification a provoqué des tensions entre les pouvoirs civil et militaire. Des propositions en question sont issues d’un comité de 45 parlementaires, que le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a fait adopter au Parlement en janvier 2019. Une des principales propositions des députés de la LND serait de réduire le quota des 25% de sièges alloué aux militaires en plusieurs phases. Ce qui peut permettre à Mme Suu Kyi de devenir enfin présidente et de réduire l’influence des généraux sur l’échiquier politique birman et, pourquoi pas, son élimination définitive de la scène politique.

Pays du Sud-Est asiatique, ancienne colonie britannique, occupée par le Japon de 1942 à 1944, la Birmanie a proclamé son indépendance en 1948. La même année, Sao Shwe Thaik est élu premier président de la Birmanie indépendante. Il aura deux successeurs, en 1952 et 1957. En 1962, le général Ne Win, commandant en chef de l’armée, prend le pouvoir par un coup d’Etat. En 1992, le général Saw Maung est renversé par un putsch du général Than Shwe. La junte est officiellement dissoute en 2011. 


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2021-03-04 09:01:05

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Written by Ahmed Sobhy

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