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Nouvelle publication de Ali Guenoun : La question kabyle dans le nationalisme algérien 1949-1962

Nouvelle publication de Ali Guenoun : La question kabyle dans le nationalisme algérien 1949-1962
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L’auteur revient dans ce second ouvrage sur la crise dite berbériste de 1949 et le rôle prépondérant de la Wilaya III durant la guerre de Libération, après avoir été mise à l’écart lors des premiers préparatifs.

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L’écrivain et docteur en histoire contemporaine de l’université de Paris 1 (Panthéon Sorbonne) Ali Guenoun annonce la parution en France à partir du 21 janvier de son dernier livre intitulé  La question kabyle dans le nationalisme algérien 1949-1962 , tiré de sa thèse de doctorat «Une conflictualité interne au nationalisme radical algérien : la question berbère-kabyle de la crise de 1949 à la lutte pour le pouvoir en 1962».

Ce livre, édité chez Le Croquant, préfacé par Omar Carlier et post-préfacé par l’historien Mohammed Harbi, traite globalement de deux haltes de la lutte nationaliste des Algériens pour l’indépendance de leur pays, à savoir la crise berbériste de 1949 au sein du Parti du peuple algérien (PPA) et la montée en puissance de la Wilaya III et de son chef, Krim Belkacem, au sein du FLN et de l’ALN pendant la guerre d’indépendance. «Notre étude s’articule chronologiquement autour de deux parties, deux moments scindés en fonction des ruptures politiques importantes par rapport aux enjeux de notre recherche : la crise de 1949 et la guerre d’indépendance. Notre démarche a été guidée par la question de savoir comment le référent identitaire kabyle est devenu un paramètre important, pertinent, de l’histoire politique de l’Algérie contemporaine et du nationalisme radical et indépendantiste» a indiqué à El Watan l’auteur du livre.

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Pour lui, cette histoire renvoie à des lignes de clivage, des éléments de conflictualité qui ont contribué à susciter des divisions et des suspicions au sein du Parti du peuple algérien (PPA), du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratique (MTLD) et du Front de libération national (FLN).

La première partie débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui, de part et d’autre des événements du 8 Mai 1945, favorise l’avènement de nouvelles formes d’organisation au sein du PPA (avec sa tripartition en MTLD légal, PPA clandestin, et Organisation spéciale (paramilitaire), degré le plus poussé de l’action clandestine), précisera Ali Guenoun. «Cette période charnière d’après-guerre, pleine de douleurs (les pertes algériennes pendant la guerre et le massacre de mai 1945) et d’espoir d’une libération proche, a permis l’émergence de jeunes militants qui vont impulser au PPA clandestin une dynamique jamais connue. Parmi ceux-ci, un certain nombre sont issus de Kabylie. Ils ont baigné depuis leur enfance dans les récits militants de l’immigration et ont fait leur apprentissage politique dans l’Etoile nord-africaine (ENA), le Parti communiste français (PCF) et à la Confédération générale du travail (CGT)», détaille-t-il.

Ces jeunes, poursuit-il, qui adhèrent très tôt au parti indépendantiste sont lycéens ou étudiants, une frange assez rare dans ce parti plébéien d’ouvriers, de petits salariés, de petits commerçants et de chômeurs. Ils seront définis, ultérieurement, comme le «groupe de Ben Aknoun».

Lorsqu’ils grimpent les échelons de la hiérarchie du parti, voire deviennent de hauts cadres en siégeant au comité central et même au bureau politique, ils sont déjà auréolés d’un passé de maquisards après leur participation aux premiers maquis du PPA de mai 1945 en Kabylie.

C’est là où ils se confrontent aux dysfonctionnements et aux insuffisances de leur parti et participent, malgré eux, au jeu électoral, notera-t-il.

La crise dite berbériste au centre du conflit

«Leurs propositions de porter des changements dans l’organisation se heurtent à une opposition sèche de la direction du parti. Elle leur refuse, par exemple, l’unification de la Petite Kabylie avec la Grande Kabylie qu’ils dirigent depuis 1945, l’abandon du mode de cooptation des cadres aux postes de responsabilité, la définition d’une ligne claire sur le fonctionnement du parti, le projet insurrectionnel, mais aussi la question fondamentale de la définition de la nation algérienne.»

Pour ce jeune chercheur en histoire de l’Algérie contemporaine, ce sont autant d’aspects importants porteurs de clivages qui vont susciter des conflits politiques qui vont se muer en un antagonisme «identitaire» fondé sur l’appropriation polémique et la manipulation politique de catégories telles que la langue, l’ethnie, la région, la nation.

La crise de 1949, dite berbériste est au cœur de ce conflit, nous résumera l’auteur. Cette première partie s’achève avec la mise à l’écart des contestataires, qui sont désignés comme berbéristes, et remplacés à la tête de la Kabylie par d’autres cadres moins préoccupés par ces questions et qui vont diriger cette région jusqu’à l’indépendance du pays , ajoute-t-il.

La seconde partie du livre aborde, selon la même source, la période de la guerre entre 1954 et 1962. Elle montre, selon l’auteur, comment la Kabylie, mise à l’écart lors des premiers préparatifs du déclenchement armé, s’imposera comme une région pivot dans la lutte pour la libération du pays.

«Cette guerre permettra à ces cadres de jouer les premiers rôles dans la direction du FLN/ALN, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Algérie. Cette prépondérance dans la conduite de la guerre, perçue comme hégémonique, exaspérera le sentiment anti-kabyle chez les cadres concurrents des autres régions convoitant le leadership dans la direction de la guerre. Même si les raisons de ce conflit ne sont pas tout à fait les mêmes que celles de 1949, force est de constater que cette conflictualité se perpétue dans un contexte nouveau où les protagonistes étaient armés», fait observer Ali Guenoun.

Selon son analyse , «il y a continuité dans la mesure où le discours contre les anciens contestataires de 1949 – qui ne l’étaient plus pendant la guerre d’indépendance, et qui ont payé de leur vie leurs engagements passés ou ont été fortement marginalisés – est réactivé. Mais, il y a aussi rupture parce qu’aucun débat n’est permis. Le FLN réduit finalement au silence toute voix discordante ou supposée l’être», conclut-il. 


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2021-01-24 09:03:02

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Written by Ahmed Sobhy

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