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Salem Mahouche. Président de l’Association Ithrène de Bordj Bou Arréridj : Un poète, fervent défenseur du patrimoine amazigh

Salem Mahouche. Président de l’Association Ithrène de Bordj Bou Arréridj
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Avec comme bagage intellectuel quelques bribes de versets et de l’alphabet arabe dans l’école coranique et beaucoup de persévérance, le poète Salem Mahouche a pu se faire une place au soleil parmi ses semblables de la littérature et conservation du patrimoine berbère et se hisser à la tête d’une association culturelle avenante baptisée Ithrène.

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Créée en 2009, l’association culturelle Ithrène de Bordj Bou Arréridj, ce qui en berbère veut dire «Étoiles», n’a cessé de briller sur la scène locale en décryptant l’immense patrimoine séculaire que recèle cette région, et s’attelle à l’immortaliser en essayant de transmettre le flambeau aux générations montantes.

L’idée de fonder une association qui s’intéresse au patrimoine oral et immatériel amazigh germa à l’initiative du poète autodidacte Salem Mahouche qui activait quelques années plus tôt au sein de l’association Numidia à Oran. «Nonobstant, le peu d’apprentissage qu’on nous a inculqués à la mosquée, c’est la vie qui est ma grande école. Je suis élevé, comme la plupart de mes semblables, dans le besoin et la galère et il fallait que je me débrouille pour m’en sortir. C’est ainsi qu’a été forgé mon talent de poète. Nos aïeux nous ont légué un riche patrimoine et ce serait un sacrilège de le laisser disparaître.

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Notre région regorge d’inestimables richesses matérielles et immatérielles, il suffit de donner un déclic pour les mettre en valeur. L’apprentissage de tamazight dans nos écoles est un élément de taille qui permettra aux générations montantes de les sauvegarder.

D’ailleurs, dans ce sens nous travaillons main dans la main avec le HCA», nous dit-il. Selon lui, la célébration de Yennayer dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj a pris sa dimension régionale depuis la création de l’association Ithrène, qui l’a extraite de son cocon folklorique en lui donnant une dimension historique et culturelle. «C’est vrai Yennayer est célébré depuis près de trois millénaires, mais seulement localement. Avec l’arrivée de notre association, désormais la fête revêt un cachet régional et s’étend sur les quatre coins de la wilaya», souligne-t-il.

Chaque année, Yennayer est célébré dans une commune. L’an 2967 a été fêté dans la commune de Colla, à quelques encablures de Djaâfra, où un menu culturel copieux a été concocté par Ithrène.

Culture et tourisme

Une autre activité de cette association remonte au mois d’août 2016 où a eu lieu le festival «Culture et tourisme» en collaboration avec l’association Numidia d’Oran.

Le public a eu l’occasion de découvrir les us et coutumes de la région ainsi que le plaisir des randonnées pédestres dans les dédales des villages séculaires et au milieu des sentiers accidentés de la montagne.

Le conte populaire est la source principale d’inspiration du poète. «Vous ne pouvez pas estimer ce que peut véhiculer le conte populaire dans la sauvegarde de notre patrimoine. Je côtoyais et écoutais souvent les aînés qui me racontaient des histoires avec toujours une moralité à la fin.

D’ailleurs, grâce au conte,  tamazight a pu résister aux autres langues, d’où notre militantisme à transmettre le flambeau aux générations actuelles et futures», nous lance Mahouche. «Le troc fut, à un certain temps, monnaie courante dans l’échange de différents produits entre les villageois, sans avoir à recourir au déplacement lointain pour s’approvisionner. Les femmes au métier à tisser, au ménage et à la cueillette des olives, les hommes dans les champs, les vergers et les souks pour le troc, ce mode de commerce et de transaction qui existe depuis que le monde est monde», poursuit-il.

Le poète compte à son actif neuf ouvrages littéraires, en tamazight, inspirés du patrimoine ancien de sa Kabylie natale, dont Le bateau de l’espoir, Poèmes sans titres, Le flambeau ou encore Le soleil des pauvres, Les révoltés et Les nuits de Chakbou, et le dernier en date Imnoufak, (les braves) en édition à la maison Amel de Tizi Ouzou.

Une réflexion qui décrit l’attachement de l’homme berbère à la terre et aux traditions, inspirées de la philosophie d’Arezki El Bachir, d’Ahmed Oumerri et d’Ali Laâouar.

Notre rencontre avec le poète a coïncidé avec la fête de Yennayer où des bêtes ont été sacrifiées pour permettre, en substance, aux pauvres de célébrer la fête avec moins de différences sociales. L’association compte, avec la mairie de Tefreg, organiser une excursion au profit des élèves.

«En effet, avec l’appréciable implication du maire de Tefreg, nous comptons organiser une visite guidée dans sept sites historiques des régions de Batna et Biskra, entre autres, Ghoufi, Timgad, Imedghassen», nous dit le poète. «Si les intentions sont bonnes, Dieu ne peut que répondre favorablement aux prières et chants de procession pour que la prospérité et l’opulence règnent pour tout le monde. Nos ancêtres chantaient – anzar, anzar arabbi souit arazar- un chant invoquant l’arrivée de la pluie. Et le vœu était souvent exaucé le jour suivant. C’était l’époque du contentement et de la barak», conclut-il.  


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2021-01-31 09:03:34

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Written by Ahmed Sobhy

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