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Tant que n’auront pas été menées les réformes…

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Quel impact aura le dernier remaniement ?

Un tout petit toilettage gouvernemental qui n’a pas tellement changé la physionomie de l’équipe dirigeante, étant donné le nombre très limité de ministres qui ont bougé.

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Le remaniement ministériel de la semaine dernière, pour ce qu’il devait apporter comme changements notables, n’a pas vraiment créé la surprise. Un tout petit toilettage gouvernemental qui n’a pas tellement changé la physionomie de l’équipe dirigeante, étant donné le nombre très limité de ministres qui ont bougé.

Dans la sphère économique, trois titulaires de portefeuilles ministériels, ceux de l’Energie, de l’Industrie et de la Prospective, qui ont quitté la scène retiennent l’attention des observateurs. Il s’agit pourtant de départements parmi les plus en vue, à côté des ministères des Ressources en eaux, des Travaux publics et du Tourisme, qui ont aussi fait l’objet de changement.

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Le départ de Abdelmadjid Attar a d’ailleurs été largement commenté. Son limogeage semble aussi incompréhensible qu’impromptu vu la sensibilité du secteur qui rapporte quasiment 90% des recettes en devises du pays et qui, de surcroît, traverse une des pires crises que connaît le marché depuis, notamment, le repli des prix en 2014 et l’éclatement de la crise sanitaire mondiale de la Covid-19.

Sans compter que le pays a fondé beaucoup d’espoirs sur la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont il escompte rapidement des résultats favorables. L’Algérie espère en effet remédier à la loi sur les hydrocarbures qui n’arrive pas à susciter l’intérêt des grandes compagnies pétrolières internationales.

De nouveaux éléments y ont été introduits pour attirer les investisseurs, et donc améliorer l’attractivité du domaine minier algérien, une fiscalité incitative et de meilleures conditions d’accès au domaine minier.

L’enjeu dans ce registre est d’autant plus important que l’Algérie a du mal à améliorer sa capacité de production de pétrole. Au plan gazier, la part de la consommation locale ne cesse d’augmenter, et ce, au détriment de celle destinée à l’exportation. Les défis sont donc entiers et le changement opéré à ce niveau pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Que va-t-il se passer à présent ? Le successeur de Attar va-t-il agir autrement ? La question reste posée. D’autant que la dissolution de l’APN décidée par Tebboune dans le sillage de ce pseudo changement gouvernemental est censée de facto réduire la portée politique de l’équipe gouvernementale actuelle, étant donné l’organisation prochaine des élections législatives.

Du moins si l’on s’en tient à la feuille de route officielle de l’Exécutif. Cela devrait logiquement suffire pour conclure à une action limitée dans le temps de l’équipe de Djerad.

Stratégie industrielle remisée dans les placards

Le constat vaut aussi pour le ministère de l’Industrie. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de ce département dirigé par le désormais ex-ministre Ferhat Aït Ali.

La fameuse stratégie industrielle qu’il a déclinée pendant les dernières semaines, non sans susciter d’ailleurs moult commentaires, généralement aussi peu amènes les uns que les autres, sera-t-elle remisée dans les placards de l’oubli, ainsi qu’il en a souvent été le cas chaque fois qu’un ministre a été limogé ?

Le dossier des concessionnaires automobiles, qui a accaparé tant d’énergie et d’attention de la part des observateurs de la scène politico-économique, sera-t-il ajourné ou même «recorrigé» pour être mis au goût du jour ?

Les chantiers ouverts sur ce qui tient lieu de stratégie industrielle devraient logiquement être réexaminés par le nouveau gouvernement, même si le temps qui lui est imparti, ainsi que dit plus haut, laisse peu de place à l’action.

Les changements restent en tout cas source de questionnements, comme le département de la Prospective qui fait les frais de ce remaniement. Conçu pourtant, comme son nom l’indique, pour faire de la prospective, ce ministère délégué auprès du Premier ministre, qui revenait à Mohamed Belmihoub, a totalement disparu du nouveau paysage institutionnel.

A-t-il été sacrifié sur l’autel de la réduction du nombre de portefeuilles au nom de la sacro-sainte rigueur budgétaire ou non, à l’heure de la raréfaction des finances publiques ? Là encore, aucune explication n’est venue dissiper le brouillard…

Il en est ainsi des mœurs politiques du pays. Une banalité ? Que nenni ! Lundi, le président Abdelmadjid Tebboune a esquissé une réponse sur le sujet du remaniement face aux journalistes qui l’ont interviewé. Visiblement, il n’était pas satisfait du rendement de ses ministres.

Soit. Mais, force est de relever que les affaires de la cité sont conduites d’une manière telle que l’opinion est tenue ignorée des tenants et aboutissants de ces affaires. Dans le même temps, il va sans dire que le mini-remaniement en question est passé presque inaperçu du fait que l’opposition l’a qualifié de «non-événement».

Mais quoi qu’il en soit, une telle conduite des affaires publiques pèche par un manque de transparence, à l’heure où tous les indicateurs confinent à constater que l’économie est en panne.

Et ce ne serait pas seulement à cause de la pandémie, loin s’en faut. Le contexte politique ambiant est autrement plus «crisogène». Tant que les changements politiques ardemment souhaités n’auront pas été menés à bon port.


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2021-03-03 10:06:58

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Written by Ahmed Sobhy

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